Pour commencer, je ne peux que saluer l'esthétisme de l'objet livre. On est loin de la couverture criarde de l'enfant Océan. C'est un bel objet, sobre. Un titre en relief sur une couverture matte. Pour ceux pour qui lire demande que de nombreuses conditions soient remplies, telle que le côté attrayant de la couverture. Pour ceux pour qui la lecture est plus une obligation qu'un plaisir, je pense qu'il s'agit d'un vrai plus. Bien sûr, c'est une technique commerciale comme une autre. Mais à l'époque où nos jeunes sont des cibles privilégiées, je pense qu'il est bien triste de devoir jouer sur ce terrain-là, mais soyons réalistes, à l'approche de la Saint-Nicolas, les enfants et les ados sont bombardés de publicités, de slogans... et entre un jouet et un livre, le jouet gagne souvent haut la main. Donc pourquoi ne pas tenter d'instaurer une vraie concurrence?Et puis...il y a le sujet du livre, la drogue. Bon, je suppose que ce sujet intéresse certains jeunes. Mais moi, à l'instar de ma copine Julie avec les livres parlant de la Shoah, les livres sur la drogue, les séances d'informations...ça ne me plaît guère. Je ne me sens pas du tout concernée, j'ai toujours eu l'impression que ces récits se trouvaient à mille lieues de mes préoccupations. J'ai vécu mon adolescence dans mon monde de bisounours et c'est tout naturellement que ces choses sont restées très abstraites pour moi. C'est toujours après coup que j’apprenais que de la drogue avait tourné à la soirée où je m'étais trouvée sans m'en douter le moins du monde. Maintenant, je ne suis pas naïve, je sais que tous les jeunes ne sont pas dans ma situation et qu'il arrive à certains l'envie de tester ces exutoires. A l'adolescence, la vie paraît parfois insoutenable au point de chercher des portes de secours.
Mais même si d'un côté ce que Melvin Burgess avance en quatrième de couverture -"Je pense qu'il est préférable que les jeunes n'entendent pas parler de la drogue pour la première fois le jour où quelqu'un essaiera de leur en vendre"- est un argument pertinent, il ne fait écho à rien en moi.
Les jeunes adorent pouvoir s'identifier aux personnages de leurs romans, aux héroïnes de leurs séries. Mais je pense qu'ici, ce n'est possible que pour une très petite minorité de jeunes, et ce, malgré la présence de nombreux narrateurs.
Gemma est, pour moi, la caricature ultime de la sale gosse ! Alors est-ce que les années ont fait de moi davantage une adulte responsable pénible qu'une ancienne ado cool, je ne sais pas, mais cette jeune fille m'insupporte. Elle symbolise pour moi, ce que l'on appelle maintenant les enfants rois. On lui interdit d'aller fumer des joints avec ses copains, elle claque la porte, fugue, se drogue, se prostitue. Cette fille n'a jamais rencontré de vraies épreuves, ce n'est qu'une jeune fille bien décidée à foutre sa vie en l'air. A aller toujours plus loin dans son délire. Je ne suis pas sûre que la majorité des jeunes filles se retrouvent dans ce récit.
Nico, c'est davantage compréhensible, comme parcours, mais encore là, j'espère que tous les jeunes qui ont vraiment une vie insoutenable ne s'éprennent pas de jeunes filles complètement idiotes.
Bref, un roman qui a coulé sur moi comme la pluie sur un imperméable, sans me toucher vraiment.
Objective ton propos Sarah, tu es souvent dans le pathos : l'émotion. Comme tu le dis, ce sont aussi des lectures obligatoires, alors tente de voir pourquoi ces récits peuvent être intéressants... professionnellement. Il ne s'agit pas que d'une histoire de drogue.
RépondreSupprimerJ'avoue avoir beaucoup de mal à me modérer. Tout simplement parce que ce n'est pas juste un trait de mon écriture que d'être virulente, passionnée, mais plutôt de mon caractère. Lire est ma passion, mais je ne pense pas être encore une experte en la matière, capable de déchiffrer et d'analyser (froidement) les techniques littéraires.
RépondreSupprimerJe reste encore dans mes ressentis et écrire autrement, me détacher de tout ça, ne me fait vraiment pas envie, en tout cas, pas pour un blog (que j'ai fait mien).
C'est pour cela que je dois trouver une formule qui me permette de ne pas dénaturer ma personnalité et qui mette en avant un côté plus professionnel. Je cherche!
Chacun son truc, la guerre ou la drogue... Hihi !
RépondreSupprimerPlus sérieusement, Gemma est LE personnage type que tu vas trouvée en face de toi : des enfants rois ! Tes élèves SONT des enfants de cette génération. C'est plus le punk, mais le rap, mais les délires de drogues (douces) restent les mêmes. Le dérapage peut parfois être rapide.
Comme je l'ai dit dans mon premier commentaire, je m'identifie en Gemma. Je ne supportais pas que l'on me refuse quoi que ce soit et pourtant regarde moi aujourd'hui. J'ai bien changé.
Gemma est la seule à réellement s'en sortir, elle a du courage et de la volonté. Ces qualités sont parfois mises à profit -quand elle décide de s'en sortir- et parfois de vrais défauts qui la poussent à tout essayé, à toujours aller plus loin. Je pense qu'avoir ce type de caractère est dangereux car sans limite mais quand ces qualités sont utilisées à bon escient ce sont des personnes qui peuvent faire de grandes choses !
Viens lire mon article, je me réjouis de lire tes commentaires :)