"Chaque livre a une âme. L'âme de celui qui l'a écrit, et l'âme de ceux qui l'ont lu, ont vécu et rêvé avec lui."

"Bientôt, l'idée s'empara de moi qu'un univers infini à explorer s'ouvrait derrière chaque couverture tandis qu'au-delà de ces murs le monde laissait s'écouler la vie en après-midi de football et en feuilletons de radio, satisfait de n'avoir pas à regarder beaucoup plus loin que son nombril. "

Carlos Ruiz Zafon

mercredi 8 juillet 2015

Le plaisir de lire, ce merveilleux phoenix

Après trois ans de livres imposés, de lecture forcée (oui, oui, j'étais au bagne, non, je n'exagère pas), j'ai vécu un gros dégoût de la lecture.
Ce qui était mon principal centre d'intérêt n'éveillait plus rien en moi et lorsque je devais lister mes hobbies, je continuais de mentionner la lecture tout en sachant pertinemment bien combien cette réponse était hypocrite.

J'ai pourtant tenté de revenir à mes premiers amours, notamment à la foire du livre. Mais impossible...
Alors j'ai lâché prise, j'ai préféré taire la maxime "loin des yeux, loin du coeur" et me rappeler qu'en amour, il ne faut jamais forcé le destin. J'ai attendu et finalement...

Un livre : Une bouteille dans la mer de Gaza de Valérie Zenatti. J'avais eu l'occasion de découvrir Quand j'étais soldate, une autofiction qui nous plongeait au coeur de l'état d'Israël avec le regard d'une jeune française contrainte d'effectuer son service militaire.

Dans Une bouteille dans la mer de Gaza, Valérie Zenatti prend des risques, elle fait le pari fou de présenter de la manière la plus neutre possible le conflit israélo-palestinien. Tal est israélienne, Naïm est palestinien, tous les opposent et pourtant les deux ados s'échangent des mails. Ils parlent de leur pays, de leur perception des conflits, de leur vie. Peu à peu, une complicité se crée entre amour et amitié. Cette double narration permet d'obtenir les différents points de vue, de les nuancer. D'éviter un manichéisme trop souvent présent.
Une bouteille dans la mer de Gaza, c'est un sujet fort, délicat, c'est marcher continuellement sur des oeufs, mais malgré toute la complexité de la problématique, Valérie Zenatti s'en sort à merveille, elle trouve les mots pour que nos jeunes comprennent : de quoi se nourrit la haine?
Je regrette juste un peu l'espoir exalté de Tal, son côté trop candide.

Toujours est-il qu'une lecture en amenant une autre... En me voyant lire Zenatti, beaucoup de collègues et amis m'ont conseillé L'attentat de Yasmina Khadra. Il est toujours question du conflit israélo-palestinien, mais il n'est absolument plus destiné à un public de jeunes adolescents. La complexité monte d'un cran, la violence aussi.
Ici, il est question de terrorisme, d'une Palestine meurtrie, qui ne sait plus comment faire entendre sa voix. Il est question d'identité également, d'intégration ou de désintégration. Qui suis-je? Qu'est-ce qui fait de moi ce que je suis?
Cette fois, j'aurais voulu plus d'optimisme, une autre fin, un avenir meilleur pour Amine. Moi, difficile?
L'attentat m'a remuée, questionnée et il réveille en moi les questions de Tal : "comment peut-on se faire sauter, entouré d'enfants?"
Quand la haine nous fait oublier qu'en face, ce sont également des êtres humains, l'on est prêts à tout...

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