"Chaque livre a une âme. L'âme de celui qui l'a écrit, et l'âme de ceux qui l'ont lu, ont vécu et rêvé avec lui."

"Bientôt, l'idée s'empara de moi qu'un univers infini à explorer s'ouvrait derrière chaque couverture tandis qu'au-delà de ces murs le monde laissait s'écouler la vie en après-midi de football et en feuilletons de radio, satisfait de n'avoir pas à regarder beaucoup plus loin que son nombril. "

Carlos Ruiz Zafon

samedi 2 février 2013

POMMAUX Yan, Ulysse aux milles ruses, L'école des loisirs



"Le temps manque pour tout" Honoré de Balzac.
Du coup, j'ai décidé de le prendre, le temps!

Pour découvrir un des ouvrages de mon abonnement. Et pas n'importe lequel, non, ce bel album qui me faisait de l’œil, ce qui peut paraître étrange sachant que je ne suis pas du tout une férue de BD. Non, je ne pense pas que ce soit une honte que d'aimer la BD. Seulement, il n'y en a jamais eu chez moi et entre une BD et un bouquin, je trouve le bouquin plus rentable. Ben oui, ça fait moins cher le mot.
Mais curieuse de m'ouvrir à des nouvelles pratiques, attirée par les magnifiques illustrations et amatrice de mythes, je me suis lancée! Si je n'avais pas eu cet ouvrage sous les yeux, j'aurais pris peur, illustrer une histoire qui est dans toutes les imaginations, c'est prendre un sacré risque! Et c'est fait avec brio!

Yann Pommaux, je ne vous connaissais pas, mais j'aime votre travail! Et j'adore la façon dont vous illustrez différemment ce qui concerne les mythes et ce qui concerne la BD policière! C'est succulent!
Bon, j'arrête les apartés, surtout qu'il ne lira jamais cet article et qu'en plus, soyons clairs, je n'y connais rien.

Les illustrations sont vraiment un plus pour le texte, tomber de Charybdes en Scylla, cette expression, qui, présente dans un syllabus de Théorie du droit, m'avait semblé carrément rebutante, prends tout son sens. Et les sirènes? Horribles! Contrairement à l'image romantique que l'on a d'elles et de leur chant.

Le texte est là, présent, sans doute repris de la version abrégée de l'Odyssée d'Homère publiée à L’École des loisirs. On ne souffre pas de l'abréviation, l'essentiel est là. L'univers symbolique est très présent. Le texte n'est pas présenté sous forme de phylactère, mais il est inséré dans les images. Un plus pour moi.

Je l'utiliserais volontiers pour voir les mythes avec mes futurs élèves. Les mythes appartiennent à l'imaginaire collectif et je me souviens que nos moments préférés en latin était la traduction des Métamorphoses d'Ovide, notamment le mythe d'Orphée! Cela a un impact fort sur les élèves, je me souviens de notre incompréhension fasse à l'erreur d'Orphée! Nous nous étions tous écriés "Mais pourquoi il a fait ça????!!!".

Bref, toutes les caractéristiques du mythe se retrouvent ici - forcément, c'est quand même le texte d'Homère, Sarah -, mais cela serait intéressant de les relever ici, par la BD. Le récit est caractérisé géographiquement, mais peu caractérisé historiquement. Les figures sont des dieux (Poséidon qui est un opposant, Athéna comme adjuvant), des héros (ici, Ulysse qui résiste à tout) et des créatures mythiques (cyclope, sirènes...). L'univers symbolique est omniprésent. Cela fascine le peuple, car cela fait craindre la colère des dieux! Vaincre par sa ruse (C'est le titre de la BD qui l'indique) et être sans cesse contrecarré dans ses plans par un dieu en colère. Il y a également beaucoup d'actions, ce qui nous permet de ne pas décrocher du récit.

Dans cette BD, il y a également des mises en abyme : le père qui raconte à ses enfants une histoire incroyable (d'ailleurs, les dessins ne sont pas du tout les mêmes), Ulysse qui raconte son histoire. On a bien envie de se laisser emporter.

Plusieurs points positifs : Yan Pommaux ne s'est pas arrêté au mythe d'Ulysse, il a illustré également celui de Thésée et d'Oedipe et d'Orphée. Il nous raconte également la guerre de Troie.
Cela laisse un beau panel. Ensuite, bien que dans l'abonnement nous l'ayons eu en grand format (avec de magnifiques illustrations recouvrant parfois deux pages), il existe en petit format pour moins de 10 euros. Une BD plus qu'abordable dans un format qui change nos habitudes.
Et puis Yan Pommaux n'a pas froid aux yeux, outre le fait de s'attaquer aux mythes, il transpose également en BD des contes : Blanche-Neige, La Belle au bois dormant, Le petit chaperon rouge, le tout, dans un récit policier. Ici c'est un vrai travail de réécriture dont il s'agit. Je me réjouis de découvrir cela!

2 commentaires:

  1. "je trouve le bouquin plus rentable. Ben oui, ça fait moins cher le mot." : tu m'as fait beaucoup rire !! Et pauvres illustrateurs...

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  2. Yvan Pommaux est une star de l'illustration jeunesse, il est juste et d'une grande finesse. Il a encore la faculté de pouvoir s'adresser à plusieurs tranches d'âges, ce qui est toujours un avantage. Je suis contente que tu apprécies son travail !

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