Encore une fois, j'aurais mieux fait de m'abstenir. Comme à chaque fois - je mens, une fois, j'ai préféré un film à un livre, une seule fois, j'ai trouvé qu'un film transmettait mieux les émotions que le livre duquel il était inspiré, mais Shutter Island est l'exception qui confirme la règle. Enfin, là, je digresse.- j'ai trouvé le film décevant.
Non pas que les acteurs jouent mal, Jennifer Lawrence ressemble à s'y méprendre à l'image mentale que je m'étais faite de Katniss. Mais ma déception commence avec le personnage de Peeta Mellark, sans imaginer un dieu vivant, j'avais pensé qu'il aurait nettement plus de charme! Je ne regardais bien sûr pas le film pour me rincer l’œil, mais je trouve toujours déroutant quand le directeur de casting et le réalisateur ont des visions diamétralement opposées aux nôtres.
Ce qui m'a davantage déplu, ce n'est pas les acteurs, mais cette obligation, propre aux films, de tout condenser. Le livre qui m'avait tant fait pleurer a été adapté de façon telle qu'il perd toute la force des sentiments. Les tributs paraissent tellement peu dans le film qu'on ne s'attache pas à eux et tout le tragique de cette histoire est perdu. La mort de Rue, une petite fille de 12 ans, m'avait vraiment émue - au point d'en avoir les larmes aux yeux en plein milieu d'une gare bondée, c'est dire! -, le lecteur découvrait peu à peu l'amitié qui se liait entre Rue et Katniss, la crainte de perdre l'autre, l'injustice de voir que le Capitole organisait, mettait en scène la mort d'enfants. Dans le film, Rue n'est qu'un mort de plus, les scènes s'enchaînent et très vite on l'a oubliée. J'en viens presque à me demander, comment peut-on passer d'un livre qui m'a tellement remuée, à un film qui m'a laissée de marbre?
Cela dit, dans un souci d'objectivité, je ne peux m'empêcher de relever plusieurs raisons à ma déception. Outre le besoin de condenser près de 400 pages en deux heures et demie, il y a aussi une réalité que je ne peux nier : j'adore immensément la lecture, oui, mais ma sensibilité ne s'étend pas au septième art. Je ne dis pas que je déteste le cinéma, mais ma préférence est claire. Je m'ennuie devant un film de deux heures, alors que je suis capable de rester des heures sans décrocher d'un livre. Allez savoir pourquoi! J'ai une théorie : la lecture demande d'être davantage actif, d'imaginer, de réfléchir, tandis qu' un film vous sert tout sur un plateau d'argent, il n'y a qu'à rester passif dans son fauteuil. Se gaver de divertissements. Après, je pense que le fait de visionner un film après avoir lu le livre est peut-être une mauvaise stratégie. Je tenterai le chemin inverse la prochaine fois.
Mon frère, de sept ans mon aîné, a regardé le film sans lire les romans - il a toujours dit que j'avais assez de passion pour la lecture pour nous deux - et il a vraiment aimé le film et a été sourd à mon plaidoyer pour la lecture des tomes suivants. Comme quoi, ce film a quand même du potentiel!
Si vous n'avez pas le temps ou l'envie de lire ce cycle, rabattez-vous sur le film, cela pourrait vous contenter!
Pour Hunger Games, je te laisse seule juge !
RépondreSupprimerMais Shutter Island, je m'offusque !! Bien trop de passages (mes préférés qui plus est) ont été rognés ! Tu ne m'avais pas dit !!
Je te le concède, mais tu ne trouvais pas que l'angoisse propre aux thrillers était plus présente dans le film que dans le livre?
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