"Chaque livre a une âme. L'âme de celui qui l'a écrit, et l'âme de ceux qui l'ont lu, ont vécu et rêvé avec lui."

"Bientôt, l'idée s'empara de moi qu'un univers infini à explorer s'ouvrait derrière chaque couverture tandis qu'au-delà de ces murs le monde laissait s'écouler la vie en après-midi de football et en feuilletons de radio, satisfait de n'avoir pas à regarder beaucoup plus loin que son nombril. "

Carlos Ruiz Zafon

dimanche 14 octobre 2012

Jean-Claude Mourlevat, L'enfant Océan, Paris, Pocket jeunesse, 1999



Mes hypothèses de lecture :
En observant la première de couverture, quelques éléments me sautent aux yeux. Il y a trois paires de jumeaux. Chaque enfant est habillé de la même manière que son frère jumeau (Je n'aime pas du tout cette sale manie qu'ont les parents! Ce n'est déjà pas facile de reconnaître des vrais jumeaux alors si on les habille de la même façon, c'est se foutre du monde!). Une question me trotte dans la tête, pourquoi sont-ils tous habillés comme s'ils venaient du pôle Nord alors qu'ils se trouvent près de la mer sous un ciel radieux? En avant plan se trouve un petit garçon entouré d'une lumière blanche, un peu comme un spectre. Le petit garçon semble bien être là, en chair et en os, mais alors pourquoi cette lumière blanche ? (Non je n'ai pas bu trop de vin, promis!)

Mon avis: 

Mais c'est quoi ce roman???!!! Donnerais - je ce livre à mes élèves? Si je veux leur apprendre l'expérience de la frustration, oui! Si je veux pouvoir leur répondre : "Non, je ne sais pas non plus pourquoi l'auteur a décidé de rester dans le flou total et de placer un personnage entre le réel et l'irréel." et briser ainsi leur croyance en l'omniscience des professeurs.

Ce livre m'a décue, il me donne l'impression de m'être endormie à côté d'un Apollon et de me réveiller à côté d'un Elfe de maison qui bave! D'avoir attendu toute la journée pour manger mon dessert préféré et lorsque je me décide à le manger, découvrir qu'il a un goût de vieux herve moisi.

La couverture était annonciatrice pourtant, mais gentille fille que je suis, je me suis convaincue: "Non Sarah, ne commence pas en râlant! L'habit ne fait pas le moine, la couverture ne fait pas le livre".

Vous l'aurez compris, j'avais fondé pas mal d'espoir sur L'enfant Océan, je me sens flouée, abusée. Mais pourquoi avoir écrit cette fin qui veut dire tout et son contraire? Imaginer un enfant dont on sait pas qui il est? Est-il réel ou non? Est-il le petit Poucet ou bien les indices d'une adaptation assumée du conte de Perrault n'était qu'un leurre ?

Autant le roman m'aura fait rire, sourire, m'aura émue (un peu), autant la fin n'aura causé qu'un agacement certain. Non, mais quel gâchis!
Je me rappelle maintenant des bons passages avec nostalgie : "Qu'est-ce qui est assez petit pour passer par la chatière, et qui a des doigts pour dévisser le pot de rhubarbe? Tournez et retournez la question comme vous voulez, mais si vous avez deux sous de jugeote, vous arriverez à la même réponse que moi : c'est un singe. Un singe, je vous dis. Qui se sera échappé d'un cirque. Et voilà." page 50
Bon allez, je respire, j'essaie d'oublier cette fin et j'essaie d'admettre que ce roman serait une bonne base pour une leçon sur les niveaux de langue. Voilà, c'est tout. Je n'en dirai plus rien, seulement, je ne peux m'empêcher de poster cette chanson qui traduit bien toute ma frustration.





 http://www.laprocure.com/enfant-ocean-jean-claude-mourlevat/9782266203227.html

8 commentaires:

  1. Nous pensons décidément tout le temps la même chose !
    Je suis TOUT A FAIT d'accord avec toi ! Et ayant un peu d'avance sur toi concernant Mourlevat, je te le redis, tu n'es pas au bout de ta peine ;) !
    Bonne lecture quand même ! Hihihi !!

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  2. Ca fait peur d'ailleurs =)
    Tu es sadique Julie Ruwet,j'ai lu deux pages de La rivière à l'envers, avant de le refermer et de me dire "Il vaut mieux dormir avant d'être énervée une deuxième fois"! Dommage que ce ne soit pas lui qu'on rencontre, on en aurait des questions à poser!

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  3. Je dis à mes camarades de classe tout ce que je ne pourrai pas dire à mes élèves plus tard !!
    Je ne sais pas si tu as lu mes articles, mais j'ai fait un pari sur mon blog. Si je trouve des analogies entre La Ballade de Cornebique et une autre histoire que j'ai déjà lue, je lui écris une lettre !!

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    1. Pas encore lu, je préfère lire tes commentaires après avoir lu le livre, pour ne pas me spoiler! Je vais donc le faire maintenant! La ballade de Cornebique, j'ai vraiment aimé!

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    2. M'enfin, la fin pourrait servir de travail d'écriture pour les élèves. Voyons le positif ! (Tu fais lire le petit Poucet aux élèves avant évidemment)
      Enfin moi, j'ai toujours aimé les fins qui ne me donnent pas de réponse... Bien que vous savez à quel point je suis curieuse hihi :) Mais cela est subjectif bien sûr

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    3. Bah justement, je pense que c'est là le problème. Je n'aime pas du tout les fins ouvertes, au lieu de faire vagabonder mon imagination, ça me donne l'impression que l'auteur a bâclé son travail. S'il veut nous emmener, à mon sens autant le faire jusqu'au bout. Et puis, même si je te l'accorde, oui, on pourrait s'en servir pour un travail d'écriture. Mais j'aime assez de livres, pour ne pas leur en donner un dans lequel je ne crois pas!
      Mais je comprends ce que tu peux aimé là-dedans!

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  4. "et briser ainsi leur croyance en l'omniscience des professeurs" : tu peux nous éclairer ?
    "je me sens flouée, abusée" : ce n'est qu'un livre Sarah...
    Derrière ta frustration Sarah, il faut peut-être voir pourquoi ce récit plaît autant, pourquoi certains lui trouvent de l'intérêt... il faut pouvoir se décentrer. Et comme je l'ai dit au cours : dissocie le jugement de goût (toujours subjectif) et le jugement de valeur (basé sur des données plus objectives).
    Et bien sûr ! Ne jamais travailler sur un livre que l'on n'a pas aimé !

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  5. Et bien, quand j'étais en début de secondaire, j'avais un professeur de français que j'adorais littéralement. C'est d'ailleurs en partie grâce à lui que je fais ce régendat. Et nous, élèves, le trouvions tellement intelligent qu'outre le fait que nous buvions ses paroles, nous pensions qu'il pouvait nous expliquer le pourquoi du comment. Et je pense que nous aurions mal vécu une réponse telle que "Je ne sais pas" ou un "pour vous laissez une alternative, pour vous laissez choisir quelle interprétation vous plaît le plus". Parce que pour nous il savait tout et il devait tout savoir. Nous voulions qu'il nous donne tout. C'est sans doute une lacune que nous avions. Mais il est un âge je pense où les enfants/adolescents pensent que les adultes ont réponse à toutes leurs questions. Bien sûr, cela change très vite et les parents comme les professeurs n'ont, à un moment, plus de bonne réponse à rien, selon les jeunes. Mais je n'ai pas envie d'être le déclencheur d'une si grande désillusion.

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