"Chaque livre a une âme. L'âme de celui qui l'a écrit, et l'âme de ceux qui l'ont lu, ont vécu et rêvé avec lui."

"Bientôt, l'idée s'empara de moi qu'un univers infini à explorer s'ouvrait derrière chaque couverture tandis qu'au-delà de ces murs le monde laissait s'écouler la vie en après-midi de football et en feuilletons de radio, satisfait de n'avoir pas à regarder beaucoup plus loin que son nombril. "

Carlos Ruiz Zafon

dimanche 20 janvier 2013

SALINGER J.D., L'attrape-coeurs, 1986, Pocket, Paris

Mes a priori

Julie, connaissant mon côté puriste m'avait parlé de la première page de L'attrape-coeurs.
"Si vous voulez vraiment que je vous dise, alors sûrement la première chose que vous allez demander c'est où je suis né, et à quoi ça a ressemblé, ma saloperie d'enfance, et ce que faisaient mes parents avant de m'avoir, et toutes ces conneries à la David Copperfield, mais j'ai pas envie de raconter ça et tout."
Ça commençait bien! Je vous passe les "et tout", plus que présents.
Et puis...ce titre m'a rappelé des souvenirs. Je connaissais ce titre!
Et voilà qu'un jour, cela me revient en écoutant Imagine de John Lennon!
Comment ai-je pu oublier? L'attrape-coeurs est le livre que portait sur lui Mark David Chapman. L'assassin de Lennon.
Nous sommes en 1980. Les Beatles sont séparés depuis 10 ans.
Alors que John Lennon reprenait les enregistrements, après une période de non activité consacrée à son fils (son second fils, celui qu'il a eu avec Yoko Ono), il rentre avec Yoko Ono dans leur résidence. C'est là que Mark David Chapman les attend et tire à 5 reprises sur John Lennon. Un mythe s'éteint. Les Beatles ne se reformeront plus jamais, John Lennon est mort, imaginez (Jeu de mot pourri, je vous le concède).
Mais une autre histoire incroyable voit le jour. Une grande mort pour un grand homme.
Mark David Chapman est immédiatement arrêté.
On retrouve sur lui, un album de John Lennon muni d'un autographe de Lennon lui-même, fait quelques heures plus tôt, devant cette même résidence.
Et L'attrape-coeurs de Salinger. Il se dit que Chapman aurait dit que les réponses se trouvaient dans le livre. Chapman aurait justifié son acte par son dégoût d'un John Lennon qui prône un monde sans richesse dans Imagine  (chose que Chapman aurait presque pris pour des paroles divines) et qui ne respecte pas lui-même ses préceptes (inutile de dire que les Beatles ne vivent pas sous les ponts après le succès qu'ils ont eu).
Il va sans dire que cela mettait du piment à ma lecture. Moi, la fan ultime.




Après la lecture.
Bon, le style est passé. J'ai dû m'accrocher, je ne le nierai pas. Mais après, on s'habitue.
Bien sûr, le style est choquant pour l'époque. Même si à certains égard, il paraît pour nous, très moderne. Le personnage, Holden Caulfield déteste tout, jusqu'aux détails insignifiants. Ce qui n'échappe pas à ses proches.
" En montant l'escalier, subitement, j'ai cru que j'allais encore vomir. Mais ça a passé. Je me suis assis une seconde. Aussitôt je me suis senti mieux. Mais pendant que j'étais assis, j'ai vu quelque chose qui m'a rendu cinglé. Quelqu'un avait écrit "je t'enc..." sur le mur. Ca m'a presque rendu cinglé. [...]
J'aurais bien tué celui qui avait écrit ça. Je supposais que c'était un clochard pervers qui se glissait dans l'école tard le soir pour pisser et puis écrire ça sur le mur. Je me voyais le prendre sur le fait et lui écraser la tête contre les marches de pierre jusqu'à ce qu'il soit mort et en sang. Mais en même temps, je savais que j'aurais pas le cran de le faire." pp 239-240.
Il déteste que les gens aient une valise moins bien que la sienne, il déteste ses camarades de classe, il a envie de battre sa soeur...
Il fait des choix irrationnels, passent d'une envie à un autre. Veut bigophoner (téléphoner) à tout le monde, quelque soit l'heure du jour ou de la nuit, même à des gens qu'il n'aime pas.
Pendant une nuit, il prend plus le taxi que moi dans 3 vies. Il demande après une prostituée, puis n'en veut plus. Il va à une soirée, puis la quitte précipitamment. Il veut être avec Sally Hayes puis ne veut plus la voir. Il s'imagine avoir reçu une balle dans le ventre. Il se sent bien souvent déprimé, malade. Sans raison apparente.
C'est assez déroutant, très difficile à suivre. Bien sûr, on a l'impression d'être dans la tête d'un fou.
Je pensais qu'il allait déraper, que cela expliquerait son comportement, mais non.
J'aurais voulu en savoir un peu plus. Sur la dernière page il semble être dans un hôpital. Il dit être tombé malade, mais refuse de nous en dire plus.
Certains analysent sa façon de s'adresser à un vous, comme s'il parlait à un psychanalyste. Je ne l'ai pas perçu ainsi, il parle d'un psychanalyste et de se faire psychanalyser, mais rien ne me fait penser que c'est pour ça qu'il s'adresse à un "vous".
J'ai comme l'impression qu'il me manque une clef pour comprendre ce livre, pour vraiment en tirer quelque chose.
Il m'a troublée, mais je n'arrive pas à m'expliquer pourquoi.
Je vais essayer de décanter tout ça!
En attendant, cela ne m'a pas aidé à comprendre pourquoi Chapman a fait référence à ce livre.
En attendant, je vous poste la chanson de John Lennon, Imagine qui est pour moi sa plus belle chanson en dehors des Beatles et qui transmet un magnifique message d'amour et de paix.
Ainsi que celle que Paul McCartney (mon préféré du groupe, sans aucune doute) a écrite à la mort de John Lennon et qu'il chante à chaque concert, dont celui d'Anvers où j'étais!


jeudi 3 janvier 2013

KEYES Daniel, Des fleurs pour Algernon, J'ai lu, 1972, Paris

"Robots et martiens ne courent pas les étagères de l’école, peu de classes explorent Pluton ou Ganymède au travers d’un roman. Genre littéraire souvent considéré comme mineur, la science-fiction reste peu étudiée à l’école. Livres de garçons, critiques ou apologies simplistes du progrès technique, évasion facile dans les étoiles ou pauvreté linguistique, autant d’arguments qui, croit-on, justifient que la science-fiction reste une lecture de la cour de récréation."  Jean-Marc Ligny

La science-fiction. Oh genre méconnu par excellence.
Je n'avais dans ma bibliothèque, aucun livre de ce genre avant d'entamer mon régendat. Je pensais que la science-fiction était tout juste une affaire de geeks qui se réunissaient en cachette le soir pour parler de robots et de planètes en jouant avec des épées lasers. Bon, j'exagère, mais c'était presque ça.
Et puis, bien sûr, comme il faut gouter à tout, j'y ai gouté. En jeunesse comme en littérature générale.
Et bien, je m'étais trompée (je n'ai pas trouvé de mot plus fort!). Complètement.
On a pu voir que la science-fiction regroupait beaucoup plus que cela. Déjà, parce qu'elle compte énormément de sous-divisions.
Un panel pour contenter chacun d'entre nous. Ou presque.
Ma sous-division préférée?  La science-fiction d'anticipation et l'uchronie. J'aime assez quand les histoires restent réalistes. Donc je pense avoir plus de mal avec le space opera.
Je ne suis pas la seule, à m'être trompée sur ce genre. Je pense que la plupart de mes collègues de classe partageaient mes idées préconçues.
Alors sommes-nous une minorité intolérante? Ou le reflet de ce que pensent la plupart des jeunes? A voir dans mon prochain article (Oui ici, je suis plutôt dans la subjectivité).

Et puis, je me suis prise au jeu. J'ai lu d'autres livres de science-fiction. Sous les conseils avisés d'un ami. Découvrant ainsi 1984, Le meilleur des mondes.
Comment ai-je pu si longtemps me priver de tels plaisirs?
Alors quand j'ai découvert le livre de science-fiction de cette année, je n'ai pu que m'enthousiasmer. Avec excès. Comme toujours. Mais j'ai bien fait. Cet enthousiasme est resté, tout au long de ma lecture.
J'ai même aimé les fautes d'orthographe. Pas pour elles-mêmes, mais pour la place qu'elles ont dans le récit. La logique dont elles sont la preuve.
Le narrateur est un homme de 32 ans qui écrit comme un enfant de 7 ans (tant au niveau de la forme que du fond). Cela surprend au premier abord, surtout si comme moi, on a été trop pressé pour lire la 4 ème de couverture.
Il souhaite être intelligent. Comme nous tous en somme. Mais il le veut de toutes ses forces."Le Pr Nemur a dit mais dabor pourquoi avez tu anvie daprendre à lire et à écrire. Je lui ai dit pasque toute ma vie jai eu anvie detre un télijen au lieu detre bète et que ma maman m'avez toujour dit d'essaié daprendre comme me le dit Miss Kinnian mais cé très dificile detre untélijen et même quand japrend quelque chose au cours de Miss Kinnian à l'école jan oubli bocou". pp 10-11 Des fleurs pour Algernon.
Et la science peut lui offrir cette (mal)chance. L'écriture sous forme de comptes rendus nous permet de suivre pas à pas l'évolution de Charlie Gordon grâce à son vocabulaire qui s'étoffe de jour en jour, ses expériences qui deviennent de plus en plus enrichissantes et aussi son orthographe (bien que ce ne soit pas une preuve d'intelligence!).
On retrouve deux Charlie Gordon dans le livre: un Charlie qui a tout d'un enfant et qui nous attendrit de par sa naïveté. Pour qui on a le cœur brisé également comme lorsque l'on réalise que ses prétendus amis ne font que se moquer de lui et qu'il n'a rien compris.
"Ils m'ont fait boire des tas de verre et Joe a dit Charlie est sensass quand il a un coup dans l'aile. Je pense que cela veut dire qu'ils m'aiment bien. On passe de bons moments ensemble mais je suis impatient d'être intelligent comme mes meilleurs amis Joe Carp et Frank Reilly.
Je ne me rappellle pas comment la soirée s'est terminée mais ils m'ont dit d'aller voir au coin de la rue s'il pleuvait et quand je suis revenu il n'y avait plus personne. Peut-être qu'ils étaient parti me chercher. Je les ai cherché partout tard dans la nuit. Mais je me suis perdu et j'étais fâché après moi de m'être perdu parce que je parie qu'Algernon pourrait aller et venir cent fois dans toutes ces rues sans jamais se perdre comme moi.
Et puis je ne me rappelle plus très bien mais Mrs Flynn dit qu'un gentil agent de police m'a ramené à la maison" pp 30-31
Et l'autre Charlie, celui que le Dr Strauss et le Dr Nemur se targuent d'avoir créé. Un homme extrêmement intelligent, plus que ses "concepteurs", mais un homme tourmenté. Rejeté par les hommes qui se sentent rabaissés par son intelligence.

Et ce que je préfère dans la science-fiction. Les réflexions que  sous tendent de tels récits. Où est le bonheur? Dans l'ignorance ou dans le savoir? Le fait de savoir, n'est-ce pas une insulte à ceux qui ignorent?
Ici une belle réflexion sur l'intelligence. On voudrait tous tout savoir, avoir les réponses à tout. Enfin, on voulait, avant de concrétiser cette pensée dans une lecture. Encore une fois, la science-fiction nous permet de voir les défaut d'une société dont on pourrait rêver, dont on rêve ou dans laquelle on vit. Rien n'est parfait.

Les enfants, bien souvent, voudraient tout savoir, sur le pourquoi du comment. "Dis maman, pourquoi les nuages? et pourquoi la terre? et pourquoi? et pourquoi? ..."
Pour finir par se poser de moins en moins de questions. Notre société est-elle un vrai tremplin au savoir? Je ne pense pas.

"La vérité sort de la bouche des enfants. A l'école primaire, une insulte infâme était d'être traité d'intello; plus tard être intellectuel devient presque une qualité. Mais c'est un mensonge : l'intelligence est une tare. Comme les vivants savent qu'ils vont mourir, alors que les morts ne savent rien, je pense qu'être intelligent est pire que d'être bête, parce que quelqu'un de bête ne s'en rend pas compte, tandis que quelqu'un d'intelligent, même humble et modeste le sait forcément". P 45-46 de Comment je suis devenu stupide

J'aimerais pouvoir dire "Rolala, heureusement, ce n'est pas le cas chez nous, en Belgique, nous sommes préservés". Mais je ne peux pas. Oui, l'insulte intello est fréquemment utilisées dans nos écoles. Et c'est à pleurer. Oui, dans notre société, être intelligent est une tare. Parce que cela créé irrémédiablement de la jalousie. "Si tu es intelligent, tu réussiras bien ta vie?" Oui mais...et si je ne le suis pas? Et si quelqu'un l'est plus? Et est-ce que ça va me permettre d'être heureux? D'avoir une vie sociale?

Notre société fustige trop souvent ceux qu'elle devrait admirer.


Voici une adaptation de ce livre, datant de 1968. C'est le moment de la conférence où Charlie s'échappe.


http://www.cndp.fr/savoirscdi/index.php?id=733
PAGE Martin, Comment je suis devenu stupide, J'ai lu, 2000, Paris

mercredi 2 janvier 2013

L'art hispanique


Suite à la rédaction d'un commentaire répondant à mon professeur sur la littérature hispanique, j'ai décidé de m'intéresser quelque peu à cette culture hispanique (littérature, films, pas la nourriture) j'ai pensé au film Le labyrinthe de pan, que j'avais tant aimé. Et qui, au fond, par son ambiance très particulière de guerre, sa façon de jouer entre fantastique et récit vraissemblable me rappelle Carlos Ruiz Zafon.
Une preuve que je n'ai pas toujours détesté les fins ouvertes.

Résumé:
Espagne, 1944. Fin de la guerre.
Carmen, récemment remariée, s'installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l'armée franquiste.
Alors que la jeune fille se fait difficilement à sa nouvelle vie, elle découvre près de la grande maison familiale un mystérieux labyrinthe. Pan, le gardien des lieux, une étrange créature magique et démoniaque, va lui révéler qu'elle n'est autre que la princesse disparue d'un royaume enchanté.
Afin de découvrir la vérité, Ofélia devra accomplir trois dangereuses épreuves, que rien ne l'a préparé à affronter...


Un autre film hispanique, L'orphelinat. Un film bouleversant et angoissant. Encore un film qui nous laisse le choix entre le vraisemblable et l'invraisemblable. Comme dans Le labyrinthe de pan, j'ai sursauté, tremblé. Mais là, à répétition. Comme je n'aime pas avoir peur, je ne suis pas une grande fan de ce film qui pourtant à mon sens est très bien réalisé. Car il laisse vraiment deux possibilités au lecteur, à l'instar de Shutter Island (qui m'a aussi pas mal angoissée). On y retrouve le goût de Zafon pour les maisons hantées (par une histoire chez Zafon) et ici peut-être par des fantômes. Le passé des habitations revient dans chaque roman de Zafon et on le retrouve ici aussi. Comme chez Tatiana De Rosnay également. Pour ces auteurs, les murs ont une histoire et ils aiment nous la conter. Et apparemment, j'aime les lire puisque ce sont deux auteurs chers à mon cœur. Mais Zafon le fait, à mon sens, avec plus de talent parce qu'il amène avec lui une véritable ambiance.


Résumé:
 Laura a passé son enfance dans un orphelinat entourée d'autres enfants qu'elle aimait comme ses frères et soeurs. Adulte, elle retourne sur les lieux avec son mari et son fils de sept ans, Simon, avec l'intention de restaurer la vieille maison. La demeure réveille l'imagination de Simon, qui commence à se livrer à d'étranges jeux avec "ses amis"... Troublée, Laura se laisse alors aspirer dans l'univers de Simon, convaincue qu'un mystère longtemps refoulé est tapi dans l'orphelinat...

Je ne pouvais pas parler de L'orphelinat sans penser et parler du film Les autres, autre très bon film hispanique. Un film qui m'a marqué par sa fin plus que surprenante. Encore une fois, on ressent la même tension due aux présences de fantômes. Encore une maison hantée par son histoire passée.

Résumé:
En 1945, dans une immense demeure victorienne isolée sur l'île de Jersey située au large de la Normandie, vit Grace, une jeune femme pieuse, et ses deux enfants, Anne et Nicholas. Les journées sont longues pour cette mère de famille qui passe tout son temps à éduquer ses enfants en leur inculquant ses principes religieux. Atteints d'un mal étrange, Anne et Nicholas ne doivent en aucun cas être exposés à la lumière du jour. Ils vivent donc reclus dans ce manoir obscur, tous rideaux tirés.
Un jour d'épais brouillard, trois personnes frappent à la porte du manoir isolé, en quête d’un travail. Grace, qui a justement besoin d'aide pour l'entretien du parc ainsi que d’une nouvelle nounou pour ses enfants, les engage. Dès lors, des événements étranges surviennent dans la demeure...

Bon, les hispaniques semblent aimer parler dans leurs films en tout cas du passé, des maisons "hantées". Ici, sur les 3 films proposés, 2 se déroulent pendant la seconde guerre mondiale (Chez Zafon aussi). Ils semblent assez friands de fins ouvertes (le jeu de l'ange de Zafon aussi) et de flirt entre vraisemblable et invraisemblable.
Bien sûr, ce n'est qu'une analyse personnelle et sans doute orientée. Mais c'est assez intéressant. Il me reste à lire Don Quichotte et l'auteur que vous m'avez conseillé et j'en sortirai plus éveillée aux œuvres hispaniques pour lesquelles je ne pensais pas avoir de dispositions. Me serais-je trompée?

samedi 15 décembre 2012

"Il est des époques et des lieux où n'être personne est davantage honorable qu'être quelqu'un"

"En voyant ce jour-là mon ami embrasser la femme qu'il aimait, je songeai que ce moment, cet instant dérobé au temps valait tous les jours de misère qui nous avaient conduits jusqu'en ce lieu et que tout ce qu'il y avait de plus beau et de pur dans ce monde, tout ce pourquoi cela valait la peine de respirer étaient sur ces lèvres, dans ces mains et dans le regard de ces deux bienheureux."
Et voilà, un de plus de bouclé. Et je repense à une critique lue avant de me faire ma propre opinion : " J'ai été quelque peu déçue par ce troisième tome de la saga du Cimetière des livres oubliés.
Pourtant, j'aime toujours autant Daniel, Fermin et les autres, mais ce roman m'est apparu plus comme une charnière pour la suite qu'une véritable histoire à part entière. Il n'y a pas ou peu de nouveaux personnages, pas ou peu de nouvelles intrigues.
"Le prisonnier du ciel" est une ouverture au quatrième tome, que j'espère plus riche en nouveaux personnages et en nouvelles aventures.
Cela reste cependant une lecture plus qu'agréable."
Alors que répondre? Effectivement, ce troisième tome paraît clairement être un début pour une nouvelle histoire qui sera sans doute plus riche en rebondissement. Bien que cela soit quelque peu frustrant - Ben oui, maintenant, il faut attendre que Carlos Ruiz Zafon écrive le prochain opus, qu'il soit traduit et qu'il soit en librairie! Une question me vient en tête : " Comment vais-je survivre jusqu'au prochain roman??"-, ce n'est pas vraiment dérangeant en soi. On retrouve les personnages qu'on aime, ceux de L'ombre du vent et ceux du Jeu de l'ange. On comprend comment notre Fermin adoré a échappé aux griffes du régime de Franco. On apprend sa rencontre avec Martin (du Jeu de l'ange). Je pense que cet opus est un lien entre ses deux premiers romans du cycle et une préparation pour le prochain. C'est un magnifique fil conducteur.
On retrouve toute la noirceur de l'univers de Zafon à travers la prison du régime, le passé trouble dont on déterre les morts (au sens figuré).
Et toujours cette vision si juste du monde, au point que j'ai l'impression que Carlos Ruiz Zafon écrit pour moi. Tellement ses mots me touchent, tellement ils restent imprégnés en moi.
Je pense que Carlos Ruiz Zafon est ce genre d'auteur, qu'on aime ou qu'on déteste. Mais qui ne laisse pas insensible. Et même si ses mots demandent parfois d'être digérés, il a un don pour laisser une trace de son passage.
Je me réjouis donc de lire le prochain. Et je savoure la chance que nous avons de pouvoir lire les œuvres d'auteurs, d'écrivains qui nous transportent, qui nous emmènent loin.
Je ne peux donc pas m'empêcher ici de penser également à mes Beatles (Oui Julie, je me suis retenue jusqu'ici, tu as vu!), car ils font aussi de moi qui je suis.
Pour ceux qui se tracasseraient de savoir si mon goût de la lecture est revenu : Je pense bien!

dimanche 2 décembre 2012

Jean-Claude Mourlevat, La ballade de Cornebique, Paris, Folio Junior, 2009.

Et bien, je n'ai qu'une chose à dire : "Pourquoi ne pas avoir commencé par là?"
Mais je ne peux pas me contenter de ça.
Un roman jeunesse aux couleurs et aux dessins très enfantins. Un commentaire qui me faisait peur : "Une fable drôle et survitaminée, pleine de tendresse et de poésie, où l'on retrouve la langue colorée de Jean-Claude Mourlevat."
J'ai ouvert le livre en pensant que si l'auteur n'avait pas su me convaincre avec deux livres pour ados, il n'y arriverait pas avec celui-ci dont la description à tout l'air d'être celle d'un roman mielleux, gorgé de bons sentiments. Tout ce que je n'aime pas.
Et bien, à ma grande surprise, je me suis prise au jeu! Je pensais que l'enfant qui sommeillait en moi était parti quand j'ai arrêté (en rhéto) de manger des Trésors de Kellogs avec une tasse de lait devant Bob l'éponge. Mais non! J'ai sincèrement ri! Autant, les jeux de mots du Bon gros géant de Roald Dahl avait plutôt inspiré la future prof que l'ancienne ado que j'étais, autant ici, j'ai ri, j'ai ri pour moi. Comme devant l'âge de glace et Madagascar (deux animés chers à mon cœur).
Pour la première fois, Jean-Claude Mourlevat m'a vraiment emmenée. J'ai compatis au chagrin d'amour de Cornebique, j'ai compris son besoin de prendre de la distance, j'ai été touchée par la faim qui le tenaillait, la peur des lendemains. J'ai adoré sa rencontre avec le petit loir. Tout.
Lem avec sa maladie d'alzeimer m'a fait rire, me rappelant les énormités dont ma grand-mère est capable et dont il vaut mieux rire que pleurer.
J'ai adoré l'humour dont fait preuve Jean-Claude Mourlevat, notamment avec la grand-mère qui est représentée comme une géante alors qu'elle est minuscule.
Bref, un livre à garder bien au chaud pour faire partager.

Si vous aimez comme moi l'humour un peu bête, très enfantin, voici de quoi bien rire!

Carlos Ruiz Zafon, Le prisonnier du ciel, Paris, Robert Laffont, 2012

Voilà mon livre médicament! Non, pas un "Lili en a marre de ne lire que des livres pour l'école". Mais Carlos Ruiz Zafon, mon Carlos Ruiz Zafon, je serais tentée de dire. Le seul auteur dont je ne peux attendre la sortie en livre de poche.
Ce qui me plaît chez lui? Ses récits portant sur les années 45 à 60 me fascinent. Bien souvent, j'ai l'impression d'être née à la mauvaise époque, j'aime les musiques de cette époque, les robes, l'ambiance. J'aime m'y plonger, grâce à mon imagination et à un bon bouquin ou une bonne série (cf: cold case).
Ses intrigues tirées par les cheveux qu'on prend un plaisir fou à démêler (les intrigues, pas les cheveux). Ses histoires à l'aspect fantastique, mais qui s'avèrent ne pas l'être. Son amour de Barcelone, qu'il parvient à faire partager avec tellement d'intensité. L'ambiance, propre à Zafon, très noire, mais tellement prenante.
Ses œuvres, qu'il est difficile de fermer avant d'arriver à la page finale, tant ses histoires sont captivantes, de celles qui collent à la peau encore longtemps après que le livre soit terminé.
Carlos Ruiz Zafon a su trouver les mots justes, ses romans sont plein de réflexions qu'on aimerait réécrire pour ne jamais les perdre de vue.
J'aime sa façon de décrire et d'écrire le monde, j'aime sa façon de voir les livres comme notre plus belle richesse.
Dans l'Ombre du vent, il écrivait : " Rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s'ouvre vraiment un chemin jusqu'à notre cœur. Ces premières images, l'écho de ces premiers mots que nous croyons avoir laissés derrière nous, nous accompagnent toute notre vie et sculptent dans notre mémoire un palais ou tôt ou tard - et peu importe le nombre de livres que nous lisons, combien d'univers nous découvrons-, nous reviendrons un jour."
 Et bien, même si j'aimais déjà lire bien avant de découvrir L'Ombre du vent, je pense que c'est celui qui a vraiment ouvert un chemin jusqu'à mon cœur. Si j'avais dû choisir un livre dans Le cimetière des livres oubliés, j'aurais surement choisi un de Carlos Ruiz Zafon.
Cela peut paraître étrange pour une personne athée, autant de références à l'âme, mais je pense seulement que cela regroupe les qualités humaines qu'un individu possède, rien de plus.
Je me réjouis de retrouver l'excentrique Fermin! Bref, 100 pages de passées et je regrette déjà de ne plus pouvoir les découvrir.
Une petite musique d'ambiance pour aborder le cycle du Cimetière des livres oubliés en attendant mon avis sur le Prisonnier du ciel!

samedi 1 décembre 2012

Junk VS L'herbe bleue

Lire Junk m'a demandé pas mal d'efforts. Au point de regarder toutes les dix pages combien il en restait avant que mon supplice ne prenne fin. Mais cela ne m'a pas empêchée de parcourir une bonne partie de L'herbe bleue pour me remémorer les qualités et les défauts de ce livre.
La comparaison est rapidement faite, premièrement, L'herbe bleue est facilement exploitable dans une leçon de français, puisqu'on peut voir le journal intime par ce biais.
L'herbe bleue est également à mon sens, plus progressif. On voit le lent déclin d'une jeune fille normale. Et là, on peut s'identifier facilement à la narratrice. Là on peut vraiment se dire, ça aurait pu m'arriver à moi. On ressent moins l'envie d'en mettre plein la figure au lecteur avec des phrases telles que: "Moi je vole, je plane, tandis qu'il y a plein de gens qui sont morts à l'intérieur."
Je suis peut-être morte à l'intérieur si je ne suis pas restée bouche bée devant le talent de Melvin-Burgess. Je suis peut-être trop attachée aux livres bien pensants de L'Ecole des loisirs ou simplement trop vieille pour comprendre les nouveaux jeunes, me sentant plus proche d'une adolescente des années 70 (et encore l’auteur de l'Herbe bleue serait une psy), je ne sais pas.
Je ne nie pas l'intérêt pédagogique de cet ouvrage, juste, ce n'est pas pour moi, ce n'est pas moi. Mais les différents narrateurs ont un intérêt certain, certains sont attachants, d'autres pas, comme dans la vie en fait.

samedi 24 novembre 2012

BURGESS Melvin, Junk, 1998, Gallimard, ed. Scripto, Paris

Pour commencer, je ne peux que saluer l'esthétisme de l'objet livre. On est loin de la couverture criarde de l'enfant Océan. C'est un bel objet, sobre. Un titre en relief sur une couverture matte. Pour ceux pour qui lire demande que de nombreuses conditions soient remplies, telle que le côté attrayant de la couverture. Pour ceux pour qui la lecture est plus une obligation qu'un plaisir, je pense qu'il s'agit d'un vrai plus. Bien sûr, c'est une technique commerciale comme une autre. Mais à l'époque où nos jeunes sont des cibles privilégiées, je pense qu'il est bien triste de devoir jouer sur ce terrain-là, mais soyons réalistes, à l'approche de la Saint-Nicolas, les enfants et les ados sont bombardés de publicités, de slogans... et entre un jouet et un livre, le jouet gagne souvent haut la main. Donc pourquoi ne pas tenter d'instaurer une vraie concurrence?
Et puis...il y a le sujet du livre, la drogue. Bon, je suppose que ce sujet intéresse certains jeunes. Mais moi, à l'instar de ma copine Julie avec les livres parlant de la Shoah, les livres sur la drogue, les séances d'informations...ça ne me plaît guère. Je ne me sens pas du tout concernée, j'ai toujours eu l'impression que ces récits se trouvaient à mille lieues de mes préoccupations. J'ai vécu mon adolescence dans mon monde de bisounours et c'est tout naturellement que ces choses sont restées très abstraites pour moi. C'est toujours après coup que j’apprenais que de la drogue avait tourné à la soirée où je m'étais trouvée sans m'en douter le moins du monde. Maintenant, je ne suis pas naïve, je sais que tous les jeunes ne sont pas dans ma situation et qu'il arrive à certains l'envie de tester ces exutoires. A l'adolescence, la vie paraît parfois insoutenable au point de chercher des portes de secours.
Mais même si d'un côté ce que Melvin Burgess avance en quatrième de couverture -"Je pense qu'il est préférable que les jeunes n'entendent pas parler de la drogue pour la première fois le jour où quelqu'un essaiera de leur en vendre"- est un argument pertinent, il ne fait écho à rien en moi.
Les jeunes adorent pouvoir s'identifier aux personnages de leurs romans, aux héroïnes de leurs séries. Mais je pense qu'ici, ce n'est possible que pour une très petite minorité de jeunes, et ce, malgré la présence de nombreux narrateurs.
Gemma est, pour moi, la caricature ultime de la sale gosse ! Alors est-ce que les années ont fait de moi davantage une adulte responsable pénible qu'une ancienne ado cool, je ne sais pas, mais cette jeune fille m'insupporte. Elle symbolise pour moi, ce que l'on appelle maintenant les enfants rois. On lui interdit d'aller fumer des joints avec ses copains, elle claque la porte, fugue, se drogue, se prostitue. Cette fille n'a jamais rencontré de vraies épreuves, ce n'est qu'une jeune fille bien décidée à foutre sa vie en l'air. A aller toujours plus loin dans son délire. Je ne suis pas sûre que la majorité des jeunes filles se retrouvent dans ce récit.
Nico, c'est davantage compréhensible, comme parcours, mais encore là, j'espère que tous les jeunes qui ont vraiment une vie insoutenable ne s'éprennent pas de jeunes filles complètement idiotes.
Bref, un roman qui a coulé sur moi comme la pluie sur un imperméable, sans me toucher vraiment.

mercredi 31 octobre 2012

Paul Cleave, Un employé modèle

Je n'avais jamais lu de thriller auparavant. Ce qui pour moi, reste un immense mystère étant donné que je raffole de ce genre sur petit et grand écrans. Il aura fallu attendre que ma belle-sœur m'offre Un employé modèle pour que je me lance.
C'est quand même étrange, j'ai toujours aimé lire, mais depuis peu, j'ai soif de tout! Je découvre de nouveaux genres, de nouveaux auteurs et au lieu d'être rassasiée, c'est bien pire encore. Je pense que le régendat en français m'a permis de découvrir d'autres choses, des choses vers lesquelles je ne me serais sans doute pas dirigée de moi-même! Et c'est euphorisant! Avant, je cherchais LE livre qui me plairait parmi une masse de livre qui ne me tentaient pas. Maintenant, j'évite presque de trop regarder les livres, comme s'ils avaient un pouvoir ensorcelant. J'ai l'impression que le fait de dire "j'aime lire" est dérisoire. Je ne suis qu'aux balbutiements de ce que je voudrais lire dans ma vie. La vie est trop courte, ça doit être cela qui rend les gens malheureux, le fait de savoir qu'ils ne toucheront même pas des doigts le but qu'ils voudraient se fixer.
Commencé dans l'avion pour l'Egypte, ce livre m'a très vite accrochée. Au point que j'ai regretté d'avoir choisi celui-là pour partir, et bien oui, avoir envie de lire sur la plage, plutôt que de profiter simplement d'être là, c'est presque dommage. Mais, la lecture renforce ce sentiment de bien-être, je pense - ce qui peut paraître contradictoire: j'ai l'impression de sortir de mon corps quand je lis, de n'être plus là, mais en même temps, ça rend le plaisir d'être dans un fauteuil avec gros plaid et un café ou d'être sur une plage de rêve encore plus intense.
Ce qui m'a le plus plu? L'incroyable cynisme de Joe Middelton, cet homme est d'un monstruosité! Et le pire? Il m'a fait rire!
Bien que l'on sache dès le début qui est le (premier) tueur, le plaisir de lire reste entier.
Et puis cette idée de se faire passer pour un demeuré, alors même qu'il se rit tous les jours de la police! Délectable!!

Je ne souffre pas de compulsion à tuer tout le temps. Je ne suis pas un animal. Je ne cours pas partout en me déchargeant d’abus subis dans mon enfance tout en trouvant des excuses pour tuer. […] Je ne suis qu’un type normal. Un Joe moyen. Avec un hobby. Je ne suis pas un psychopathe. Je n’entends pas de voix. Je ne tue pas pour Dieu ou Satan, ou le chien du voisin. Je ne suis même pas religieux. Je tue pour moi. C’est aussi simple que ça. J’aime les femmes et j’aime leur faire des choses qu’elles ne veulent pas me laisser faire. Il doit y avoir 2 ou 3 milliards de femmes sur cette terre. En tuer une par mois, c’est pas grand-chose. C’est juste une question de perspective. 

Je me déshabille et je grimpe sur le lit. Elle bouge à peine, ne se plaint pas, continue seulement à pleurer jusqu’à ce qu’elle n’ait plus de larmes. Quand on a fini, et que je descends du lit, je découvre qu’à un moment l’œuf a glissé jusqu’au fond de sa bouche, au point de l’étouffer avec succès. Ceci explique les borborygmes que j’ai entendus et que, sur le moment, j’avais pris pour autre chose. Oups !

samedi 27 octobre 2012

Daniel Keyes, Des fleurs pour Algernon, 2001, J'ai lu

Un petit commentaire rapide pour partager ma joie!!! Des fleurs pour Algernon vient pile au moment où je commençais à ressentir un vrai besoin de lire un livre qui me plaise vraiment.
Non pas que les autres ne me plaisent pas, mais certains sont lus par pure obligation scolaire et ne suscitent pas chez moi une immense exaltation. Détrompez-vous, je ne lis que rarement les livres - même ceux imposés - avec des pieds de plombs. Mais j'avais besoin d'un petit remontant. Et je pense que le voilà!
Des fleurs pour Algernon, un livre de science-fiction comme je les aime, mon dada!! J'ai une vraie envie de le lire, dès que j'ai un temps de libre, j'ai envie de lire et même quand je n'ai pas de temps libre d'ailleurs. Ça fait du bien, un vrai rappel de la raison pour laquelle nous sommes là!
Je vous raconterai!

Jean-Claude Mourlevat, La rivière à l'envers, 2009, PKJ

Encore un commentaire sur Monsieur Mourlevat (et encore, il reste La ballade de Cornebique!).
Cette fois pour souligner la justesse de certaines réflexions comme celle sur la relativité de l'âge page 97.
Le passage concernant Hannah et l'amour de son père démesuré au point de le rendre fou m'a touchée, mais aussi rappelé toutes les petites filles élevées comme des princesses.

Cela dit, même si l'histoire d'Hannah m'a touchée, je n'irais pas jusqu'à lire le tome 2 de La rivière à l'envers qui n'a pour moi qu'un seul intérêt à mon niveau : voir comment une même histoire peut-être racontée selon deux points de vue différents. Je le sais, Hannah a visité d'autres endroits, mais ça ne me convainc pas.

Ne soyons pas ingrats, Jean-Claude Mourlevat m'a même appris certains mots de vocabulaire que je vous liste ci-dessous:
- Bivouaquer : établir un bivouac, c'est à dire un campement transitoire en plein air, sans tente ni abri. (Je ne suis pas sûre de dire un jour "Je bivouaque" parce que dormir sous les étoiles ça ne me tente pas vraiment, m'enfin!)
- Un croquenot : un gros soulier.
- Mât de misaine: mât de l'avant, situé entre le grand mât et le beaupré.
- Renâcler : témoigner de la répugnance pour quelque chose. (J'ai hâte de l'utiliser ce verbe!)

Il se pourrait que Jean-Claude Mourlevat ait réussi à m'emmener dans son univers dans La ballade de Cornebique, je n'en dis pas plus...

 http://www.ac-grenoble.fr/cite.scolaire.internationale/Peda/Discipli/CDI/Travaux/grimoires/spip.php?article650

Jean-Claude Mourlevat, La rivière à l'envers, 2009, PKJ



(Soupir de soulagement) Me voici quelque peu réconciliée avec Jean-Claude Mourlevat !
La rivière à l’envers, sans me transcender m’a plutôt plu. Je ne vais pas hurler au chef-d’œuvre, loin de là, mais Tomek a réussi à m’emmener dans ce long voyage. J’ai tremblé en silence devant les ours géants, j’ai été émue par l’histoire de Marie et Pitt, j’ai apprécié les parfumeurs…
Après la lecture de ce roman, je n’ai pu m’empêcher de me demander d’où venait ce sentiment de trop peu, de pas assez et je pense avoir mis le doigt dessus : La rivière à l’envers était prévisible. Je pense que Jean-Claude Mourlevat est un bon écrivain, mais pas de ceux qui surprennent et innovent, mais plutôt de ceux qui reprennent les recettes qui marchent. Il ne prend pas de risque, les autres les ont pris pour lui. Il écrit donc un bon roman, mais un de ceux qu’on oublie vite, ceux que l’on ferme en passant directement à autre chose. Moi j’aime les histoires qui marquent au fer rouge, celle après lesquelles on se sent comme transformé, dont on a l’impression qu’elles nous suivront ad vitam eternam. 

Mais l'univers de Jean-Claude Mourlevat reste un peu mystérieux pour moi : pourquoi avoir inséré les personnages de L'enfant océan dans La rivière à l'envers?
Et puis ma voix intérieure crie au déjà vu : les mulots m'ont rappelé Dupont et Dupont de Tintin; l'arc-en-ciel? le triangle des bermudes dont la légende raconte qu'il causerait de nombreuses disparitions de navires ; les jeunes filles de l'île inexistante? les mythess concernant les sirènes attirant irrésistiblement les navigateurs. D'accord les jeunes filles n'étaient pas mi-femmes, mi-thon et elles ne dévoraient pas leurs victimes, cela dit ça aurait peut-être donné du piment à cette histoire! (Même si j'ai un léger problème avec les sirènes et l'image de la femme qu'elles renvoient : des séductrices manipulatrices assoiffées de sang. M'enfin, je vais faire semblant de croire que ce n'est pas une attaque injustifiée contre la gente féminine. Donc, passons.)
L'énigme de la vilaine sorcière m'a rappelée celle du Sphinx et l'incroyable histoire d’Oedipe. 
Je comprends un peu mieux, je crois, la démarche de Jean-Claude Mourlevat: puisqu'il semblerait que les jeunes aiment les mythes, autant les adapter dans des romans de littérature jeunesse. Mais le problème, selon moi, avec les mythes, c'est que tout le monde les connait. Peut-être pas en détail, mais un minimum, d'où cette impression de déjà vu!
Vous voulez d'autres rapprochements avec des mythes? La fontaine de jouvence ou ici, la rivière à l'envers!

Même si je comprends le caractère pédagogique de sa démarche, si j'ai envie de mythes (sirène, fontaine de jouvence...), d'action, de voyages bateaux... j'ai fait mon choix : Pirates des caraïbes! Je devine d'ici votre surprise : Sarah défend un film plutôt qu'un livre?! Profitez en, ça ne risque pas de se reproduire!